Fin du t¨¦l¨¦travail ¨¤ 100% : nos conseils aux salari¨¦s pour aborder en douceur leur retour au bureau

Fin du t¨¦l¨¦travail ¨¤ 100% : nos conseils aux salari¨¦s pour aborder en douceur leur retour au bureau

?CLAIRAGE - Mercredi 9 juin marquait le retour progressif en entreprise d'une certaine vie collective. De quoi susciter l'appr¨¦hension de certains apr¨¨s de longs mois o¨´ le travail ¨¤ distance a ¨¦t¨¦ la norme. Voici comment l'¨¦vacuer au mieux.

Le nouveau cap franchi ce mercredi dans le cadre du déconfinement progressif en France s'observe aussi en entreprise. Afin de permettre un retour progressif au bureau, la nouvelle version du protocole national en vigueur acte en effet la fin du "100% télétravail" obligatoire. Mais pour bon nombre de salariés qui avaient délaissé leur bureau durant de nombreux mois, ce retour à une organisation de travail classique pourrait bien nécessiter un temps d'adaptation. 

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Plusieurs études ont en effet montré que les Français sont loin d'être hermétiques au travail à distance. Ils s'y sont finalement bien accommodés au fil des mois, et ce, malgré la contrainte. Au point même, pour beaucoup, de souhaiter le pérenniser, au moins partiellement, au sortir de la crise du Covid-19. Comment donc, dans ce contexte, leur faire aborder le retour en présentiel en douceur ? Nous avons posé la question à Caroline Diard, enseignant-chercheur en management des Ressources Humaines et droit à l'EDC Paris Business School.

LCI : D'où vient l'appréhension de certains salariés à revenir au bureau ?

Caroline Diard : Les sources de leur appréhension peuvent être de plusieurs natures. On voit en effet des comportements apparaitre qu'on n’avait pas forcément anticipés. La préoccupation liée au retour au bureau peut tout simplement être d'ordre logistique : des RH découvrent par exemple en ce moment que certains collaborateurs ont déménagé quand d'autres ont pris conscience qu'ils avaient gagné un temps précieux avec le télétravail en évitant les transports. Mais il y a aussi chez certains des comportements qui sont de l'ordre de la phobie sociale qui sont apparus avec des personnes qui appréhendent justement de retrouver les transports ou encore le monde de l'open space, la collectivité tout simplement. 

L'appréhension chez d'autres peut aussi venir du traumatisme des derniers mois. N'oublions pas que qu'il y a eu des morts, avec une succession de personnes qui ont disparu y compris dans les entreprises, certains salariés ont perdu des proches, d'autres des collègues... Tout cela est traumatisant. D'ailleurs, des cas de burn out apparaissent et sont assimilés par les psychologues à un stress post-traumatique. Cette notion était déjà connue et prise en compte dans les entreprises. Mais, aujourd'hui, elle se manifeste à plus grande échelle.

L'appréhension peut aussi être liée à la crainte de rencontrer des difficultés à se concentrer et donc d'être moins productif que ces derniers mois chez soi. Des études ont montré qu'effectivement cette problématique de dispersion au bureau est importante du fait d'interruptions diverses (questions, coups de fil, pause café...) auxquelles on n'est pas ou moins confronté en télétravail. Les salariés seraient donc plus concentrés sur les journées de télétravail. En revanche, s'agissant de la productivité  des salariés qui est ressortie améliorée de cette période de travail à distance d'après plusieurs études, je pense qu'il faut quand même se méfier des biais. Rappelons-nous qu'on était confinés, qu'on ne pouvait pas aller au sport, au restaurant, au ciné, cela peut être un premier biais. Ensuite, il y a aussi des managers qui ont mis un peu la pression et donné des dossiers en plus. Enfin, des salariés ont eu une carte à jouer pendant cette période et ils ont voulu montrer qu'ils avaient des compétences qu'ils n'avaient pas pu révéler avant. On peut parler ici d'une forme d'autocontrôle, de volonté d'être un peu le bon élève pour montrer qu'on méritait d'être en télétravail, qu'on était autonome.

Comment aider les concernés à aborder au mieux cette transition ? 

Concernant la plupart des points qu'on vient d'évoquer, je pense que les choses sont amenées à rentrer dans l'ordre avec le temps et donc qu'il faut se laisser ce temps. Cela vaut pour l'appréhension d'ordre logistique, mais aussi pour la phobie sociale ou la concentration. En cela, ce qui peut jouer en la faveur des plus inquiets, c'est que ce déconfinement ne s'est pas fait en cinq minutes, il a été progressif et le retour en présentiel a vocation à l'être aussi. Cela équivaut pour les gens à une sorte de sas pour passer du "complétement enfermés" au "complétement dehors". Suivant cette logique, un retour à 100% peut être un peu brutal et travailler chez soi minimum un jour par semaine ces prochains semaines peut être un bon point pour se donner le temps de se réadapter à une organisation de travail classique.

Ensuite, pour aborder avec le plus de sérénité possible cette transition, il ne faut pas hésiter à garder à l'esprit les bons points du retour en présentiel. L'importance du collectif de travail, notamment sur certains projets, en fait partie. Mais le simple fait de voir ses collègues, de s'entraider sur des projets, ou encore de partager un moment de convivialité qui vient conforter le plaisir de travailler, sont aussi à prendre en compte. Plein de choses contribuent à être heureux dans son travail et la convivialité peut en faire partie. Cela renvoie à la notion de sens et de plaisir au travail qui ont pu s'éroder ces derniers mois avec le travail à distance. D'un point de vue pratique, l'accès à des outils que l'on n'a pas chez soi ou encore à des salles de réunion est aussi un bon point. Enfin, la clé de voute pour aborder au mieux ce retour si on l'appréhende, c'est la communication. Le service RH et les managers sont là pour informer et accompagner les équipes pendant cette période. 

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Et si malgré leur bonne volonté, des salariés se heurtent à des difficultés, comment procéder ? 

C'est possible que ça arrive en effet. Sur ce point, ce que l'on appelle le "contrat psychologique", c’est-à-dire les attentes et promesses réciproques dans le monde de l'entreprise peut être déterminant lors de cette période de retour progressif en présentiel. C'est comme après avoir couru un marathon quand la température du corps redescend ; et bien là le fait de revenir à une situation classique, plus calme peut amener certains à se demander : "C'est quoi l'idée de mon travail, je suis où là-dedans ?" Et la remise en question et l'appréhension ne seront certainement pas vécues de la même manière si l'on considère que l'entreprise a été au-delà de nos attentes et que le contrat psychologique a été parfaitement respecté pendant cette période de travail à distance, que lorsqu'on estime que le contrat psychologique a été rompu. Dans certains cas, cela a pu conduire et cela pourrait encore conduire à des démissions liées à cette quête de sens initiée par la réorganisation du travail pendant la crise sanitaire.

Face à ce type de difficultés, ou dans un cas de stress lié au retour en présentiel, solliciter un entretien, même un peu informel, peut être une alternative. Cela peut être l'occasion de prendre du recul et d'indiquer des signaux à son manager, de verbaliser d'où vient l'appréhension en évoquant par exemple comment s'est passé cette période de télétravail pendant le confinement.

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