R¨¦gionales 2021 : quels sont les candidats et les enjeux politiques en Occitanie ?

R¨¦gionales 2021 : quels sont les candidats et les enjeux politiques en Occitanie ?

SCRUTIN DES 20 ET 27 JUIN - Malgr¨¦ la division de la gauche, la pr¨¦sidente socialiste de la r¨¦gion du Midi Carole Delga a la faveur des sondages. La menace principale est incarn¨¦e par le Rassemblement national, donn¨¦ en t¨ºte au premier tour, comme en 2015.

Des cinq régions détenues par le PS, l'Occitanie n'est pas la plus à même de changer de mains au soir du second tour, le 27 juin. La présidente sortante Carole Delga, soutenue notamment par le PS et le PCF, joue sa réélection face au Rassemblement national incarné par un ancien de la Droite populaire, courant droitier de l'UMP, le député européen Jean-Paul Garraud. Les autres forces majeures de l'échiquier politique, toutes reléguées à moins de 15% dans les sondages, peuvent même s'inquiéter de leur présence au second tour.

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Qui sont les principales t¨ºtes de liste ?

Carole Delga, 49 ans : présidente sortante d'une région aux mains du PS depuis 1998, l'éphémère secrétaire d'État au Commerce du gouvernement Valls est une des figures auxquelles se rattache un parti à la rose convalescent, à l'instar d'Anne Hidalgo, avec qui elle a noué une proximité politique jusque dans le nom de leurs plateformes. Élue locale, fonctionnaire territoriale, elle n'a guère quitté la région dans l'ensemble de sa carrière et a su se faire remarquer dans le cadre de la gestion de crise sanitaire, prenant les devants dans l'approvisionnement des masques et position pour un confinement le dimanche quand le gouvernement hésitait encore à se contenter du couvre-feu. À la tête d'Occitanie en commun, elle est soutenue par le PCF et le Parti radical de gauche, toujours puissant dans la région. 

Jean-Paul Garraud, 65 ans : il est le symbole de l'élargissement aux autres droites du Rassemblement national. Ex de l'UMP, où il formait, notamment avec Eric Ciotti, le très droitier courant de La Droite populaire, l'ancien magistrat Jean-Paul Garraud prend la suite de Louis Aliot. À l'instar des autres têtes de liste RN aux élections, le député européen fait de la sécurité, compétence non régionale, un thème central de la campagne. 

Aurélien Pradié, 35 ans : le député LR du Lot baigne dans la politique depuis son plus jeune âge, avec un premier mandat de conseiller général à l'âge de 21 ans. Engagé contre les violences conjugales, questionnant la responsabilité du libéralisme économique dans la crise sanitaire, il incarne la relève d'une droite qui se cherche toujours une place entre un RN en pleine expansion et un parti présidentiel qui lorgne sur sa droite. Le numéro 3 de LR, député du Lot, entend se différencier : il a ainsi demandé à ses colistiers de signer une charte les engageant à ne soutenir ni LaREM, ni le RN au second tour du scrutin.

Antoine Maurice, 40 ans : à deux doigts de chiper la mairie de Toulouse à Jean-Luc Moudenc, l'ex-tête de liste (EELV) de l'Archipel citoyen repart en campagne, cette fois sans La France insoumise. À la tête de L'Occitanie naturellement, l'écologiste entend tirer profit de son quasi-succès des municipales 2020 et fait campagne autour de l'abandon du projet de ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et entend conditionner l'aide au secteur de l'aéronautique à des critères sociaux et environnementaux.

Myriam Martin, 53 ans : La conseillère régionale sortante est une figure de la gauche radicale en Occitanie. NPA, puis Front de gauche à travers le collectif Ensemble ! avant de rejoindre la France insoumise, elle n'est pas parvenue à maintenir l'union formée avec EELV, si proche de la victoire en 2020. Dans cette campagne, elle ne retient pas ses coups face à Carole Delga, à qui elle reproche de "faire du Macron".

Vincent Terrail-Novès, 42 ans : le maire de Balma, dans la banlieue de Toulouse, incarne les espoirs de la majorité présidentielle dans la région. Passé par Les Républicains, qu'il a quittés après la déroute de 2017 pour se rapprocher du parti présidentiel, le fils du légendaire entraîneur du Stade toulousain Guy Novès peut compter sur le soutien de LaREM, d'Agir et du Modem. L'ancien Premier ministre Edouard Philippe lui a d'ailleurs apporté personnellement son soutien, mercredi 16 juin. 

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Quels sont les principaux enjeux politiques ?

Comme dans d'autres régions, les treize départements d'Occitanie et leurs plus de 5 millions d'habitants semblent échapper au sort des régions Hauts-de-France et Ile-de-France. Pas de figure nationale, ni de dramatisation du scrutin comme en région Paca : chaque tendance politique est représentée et le débat politique semble se limiter aux enjeux régionaux. Avec la crise sanitaire, c'est la décentralisation des responsabilités sanitaires, mais aussi le futur de la ligne à grande vitesse et le développement des éoliennes qui figurent au rang des grands débats de la campagne. 

La région, détenue par la gauche depuis 1998, peut-elle lui échapper au profit du RN, qui y espère un succès comparable à la région Paca ? Le symbole serait fort, alors que l'hôtel de région a subi une violente intrusion de militants d'extrême droite au mois de mars. En misant sur un élu à l'ancrage local établi, LaREM espère enfin valider une stratégie territoriale qui l'a fuie aux municipales de 2020. Quant à LR, il faudra bien figurer sur une ligne autonome, ni LaREM, ni RN. 

Que disent les sondages ?

Les plus récentes études donnent un avantage au premier tour au Rassemblement national. Jean-Paul Garraud est donné en tête avec 31% des voix contre 29% à Carole Delga, selon un sondage Ifop publié lundi 14 juin pour Sud Radio et La Dépêche. La marge d'erreur se situant à 2,8%, les deux candidats se tiennent donc dans un mouchoir de poche. Loin derrière eux, les candidatures EELV, LR et LaREM se suivent, avec entre 10, 11 et 12% des intentions de vote. Avec une marge d'erreur de 1,8%, leur présence au second tour n'est donc pas certaine. Les autres listes ne sont pas en mesure de se maintenir.

Au second tour, c'est Carole Delga qui l'emporterait, quelles que soient les configurations. En cas de maintien du candidat LaREM, forte d'un bon report des autres listes de gauche, la présidente sortante recueillerait 40% des voix. Un score en baisse par rapport en 2015 (44%) mais suffisant pour maintenir à bonne distance le Rassemblement national (32%). Aurélien Pradié et Vincent Terrail-Novès fermeraient la marche avec 14% des voix.

En cas de triangulaire, Carole Delga bénéficierait d'un coup de pouce des électeurs marcheurs du premier tour pour atteindre 44% des suffrages. Le RN augmenterait, lui aussi, à 34%. La liste LR, vers qui se porteraient majoritairement les électeurs LaREM, arriverait troisième avec 22% des voix.

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