La Coupe du monde 2022 sur TF1

Coupe du monde 2022 : "C'est sans doute la meilleure ¨¦quipe du Br¨¦sil depuis 2006"

Maxence GEVIN
Publi¨¦ le 24 novembre 2022 ¨¤ 9h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Vainqueur de la Copa America 2019, et finaliste malheureux en 2021, le Br¨¦sil s'avance comme l'un des principaux favoris de ce Mondial au Qatar.
S'appuyant sur un groupe exp¨¦riment¨¦ et une nouvelle g¨¦n¨¦ration talentueuse, la Sele??o a toutes les cartes en main pour renouer avec sa gloire pass¨¦e.
Explications.

Le réveil d'un monstre sacré du football ? Quintuple champion du monde (1958, 1962, 1970, 1994, 2002), le Brésil n'a plus gouté au sacre suprême depuis bien longtemps, 20 ans précisément. Pire, la Seleção a subi plusieurs immenses déconvenues, dont une humiliation historique contre l'Allemagne (1-7) en demi-finales de son Mondial, en 2014. 

Mais patiemment, les Auriverde ont reconstruit sur les ruines de ce traumatisme. Au point de récemment renouer avec le succès. Redevenue une équipe qui fait peur, avec 24 victoires lors de ses 29 dernières rencontres, la formation de Tite veut désormais renouer avec son glorieux héritage dans la plus prestigieuse des compétitions. Spécialiste du football brésilien, correspondant au Brésil pour L’Équipe et France Foot, Éric Frosio décrypte les raisons de ce renouveau. 

TF1 Info : Comment expliquer ce retour au premier plan ? 

Éric Frosio : Cela a été un travail de patience. La CBF (fédération brésilienne, ndlr) a misé sur la continuité en conservant Tite à son poste de sélectionneur, malgré quelques soubresauts. Le Brésil a surtout la chance d’avoir plusieurs jeunes joueurs offensifs qui ont éclos. Longtemps esseulé, Neymar a désormais des Vinicius Jr, Raphinha, Antony ou autre Richarlison pour l'épauler. Ils apportent de la fraîcheur et du dynamisme. Ce sont des joueurs dont le staff ne disposait pas auparavant et qui donnent davantage de liberté à l’entraîneur, lui conférant une plus grande diversité d’options tactiques. Avec ces dribbleurs, ces joueurs rapides et/ou inventifs, tout ce qui a été construit en défense et au milieu de terrain peut être bonifié par une attaque létale. 

En plus, l'ossature de l'équipe a déjà un fort vécu collectif. Une majorité des cadres étaient déjà là en 2018, puis lors des campagnes en Copa America de 2019 et 2021. Les joueurs, mais aussi le staff, ont accumulé de l'expérience. 

C'est donc un savant mélange entre jeunesse et expérience qui rend cette équipe aussi redoutable...

Je pense, en tout cas, que c'est un vrai atout. Tite voulait rajeunir son groupe, lui donner une nouvelle impulsion, et il a la chance de pouvoir compter sur des joueurs qui se sont hissés au niveau, dans des grands clubs européens. Ils amènent de la spontanéité à un groupe expérimenté. Le sélectionneur peut s'appuyer sur un effectif pléthorique, complet. Tous les postes sont doublés et il y a de la qualité partout. Les tauliers Neymar, Thiago Silva, Alisson ou Casemiro vont être capables d’entourer les "petits nouveaux" dans cette compétition. C’est un groupe hyper uni et qui s’entend très bien.

Avec Alisson, le Br¨¦sil compte dans ses rangs l'un des meilleurs gardiens du monde. - Damien MEYER / AFP

Mais le fait d'avoir autant d'options en attaque ne pose-t-il pas un problème d'équilibre ? 

Tite est un entraîneur défensif dans son ADN. C'est d'abord via une base solide qu'il a remodelé cette Seleção. Il n’est pas question, évidemment, de se montrer trop prudent contre les petites équipes. Je pense qu’il arrive à bien doser les choses. Face aux formations moins réputées, il sait se montrer offensif, utiliser les atouts dont il dispose. Face aux cadors - et sûrement à partir des huitièmes et quarts de finale cet automne - il est forcément plus prudent. C’est bien d’avoir deux modèles de jeu, d’équipe : l’un offensif pour percer les défenses et les blocs bas et l’autre plus défensif, misant sur la patience et la solidité, face aux grosses nations. 

En regardant de plus près, le Brésil peut compter sur la solidité de sa charnière centrale Marquinhos-Thiago Silva, qui se connaît par cœur. Derrière eux, Alisson apporte des vraies garanties à un poste qui a longtemps été un problème. Le milieu de terrain est costaud - avec Casemiro et Fred - et habile techniquement, avec Lucas Paqueta. Même s'il stagne un peu en club, ce dernier est un élément moteur essentiel de cette équipe. C’est lui qui fait la liaison entre le milieu et l’attaque. Et devant, il y a à boire et à manger, même si beaucoup de choses dépendront (encore) de Neymar. 

La Seleção a pourtant bien un point faible… 

Pour moi, le seul tendon d’Achille de cette équipe, ce sont les latéraux (avec Alex Sandro et Alex Telles à gauche, Danilo, Dani Alves à droite, ndlr). Traditionnellement, c'est un poste très bien pourvu au Brésil mais c'est aujourd'hui moins le cas. Tite devra faire avec. Ça reste des joueurs solides, qui jouent dans de grands clubs, et le système défensif est bien rodé. 

J’aurais pu citer le staff dans les points faibles mais je pense qu’il a bien progressé depuis le Mondial en Russie. Il s’est bien formé, a beaucoup regardé, observé, appris. Je pense que Tite sera à la hauteur de l’événement. D'autant plus que c’est un homme qui rassemble. 

Reste l'attente autour de cette équipe...  Il y a beaucoup de pression, c’est une certitude. Il y a l'espoir d'accrocher cette sixième étoile au maillot pour la dernière Coupe du monde de Neymar. Après, est-ce que ça va les déstabiliser ou les galvaniser, c’est difficile de le prévoir. Mais c'est là que l'expérience des cadres pourrait se révéler précieuse. 

Du haut de ses 39 ans, et malgr¨¦ son exil dans le club mexicain des UNAM Pumas, Dani Alves est bien de l'aventure au Qatar. - Charly TRIBALLEAU / AFP

Quid du banc, qui avait globalement déçu en 2018 ?

C’est un peu ce qui a manqué à l'époque. En attaque surtout, avec personne pour véritablement faire des différences derrière un Gabriel Jesus qui n’a pas inscrit le moindre but. Les cartouches sont beaucoup plus nombreuses. Cette fois, Gabriel Jesus et Pedro - même s'il est encore méconnu en Europe, c'est un super joueur, hyper habile - seront en mesure de relayer Richarlison, si besoin. Toujours sur le plan offensif, Rodrygo connaît aussi bien ce genre de rôle puisque c’est celui dans lequel il excelle à Madrid. Un cran plus bas, Fabinho peut suppléer Casemiro ou Fred sans perdre en qualité. Et s'il y a un pépin en défense, il y a toujours Eder Militao en réserve. Tous les voyants sont au vert pour le moment. 

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Avec toutes ces certitudes, le Brésil est-il le favori numéro 1 au titre de champion du monde ? 

Numéro un, je ne sais pas, mais je mettrai le Brésil parmi les deux principaux favoris, avec l’Argentine. Je ne vois pas trop en Europe une sélection qui aurait plus d’atouts. L’équipe est complète, expérimentée et il y a beaucoup de talent. Les joueurs sont archi-motivés pour la dernière de Neymar, lui-même en grande forme. Pour moi, c'est la meilleure équipe du Brésil depuis, sans doute, 2006. Elle arrive à maturité. L’objectif est la victoire finale mais le minimum syndical, c’est le dernier carré. 


Maxence GEVIN

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