Le 20h

VID?O - Cheveux : ces Fran?ais qui font le choix d¡¯une greffe low-cost en Turquie

M.G | Reportage TF1 Quentin Fichet, Jean-Philippe H¨¦quette et Christophe Aragona
Publi¨¦ le 23 septembre 2022 ¨¤ 9h44
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Istanbul est devenue la capitale des implants capillaires.
De plus en plus de Fran?ais s'y rendent pour y profiter d'une greffe de cheveux ¨¤ moindre co?t.
Le 20H de TF1 s'est rendu sur place.

Un marché en pleine croissance. D'après les chiffres de l'International society of hair restoration surgery, les interventions chirurgicales de greffe de cheveux ont augmenté de 5 % entre 2019 et 2021 en Europe. Ce chiffre monte même à 240% en dézoomant un peu plus, entre 2010 et 2021. 

L'opération est devenue de moins en moins taboue au fil des années sous l'impulsion des influenceurs et de certaines égéries célèbres (Cristiano Ronaldo a par exemple ouvert une clinique spécialisée dans la greffe de cheveux en Espagne, avec 15 salles dédiées à cette intervention). Cette pratique est particulièrement populaire, et de plus en plus, auprès des jeunes. Les 25-35 ans ont représenté 39% de la patientèle en 2020. Arrivent ensuite les 35-45 ans. 

La Turquie, eldorado des greffes capillaires

Face à cette demande qui explose, la Turquie est parvenue à tirer son épingle du jeu. Parmi les leaders mondiaux de la chirurgie plastique et esthétique, le pays a su attirer des spécialistes renommés et multiplier les établissements de grande renommée pour en faire un pilier économique majeur. Ce sont désormais personnes du monde entier, à commencer par des Français, qui affluent pour bénéficier de ce savoir-faire. Les équipes de TF1 ont suivi l'un d'entre eux, Nicolas, venu se faire implanter 4000 greffons. 

L’innovation et la quête de résultats ont favorisé le développement et la maîtrise des meilleures techniques de transplantation capillaire. Les chirurgiens locaux sont à présent équipés des meilleurs appareils et des technologies dernier cri. "Le principe est simple. Nous enlevons les cheveux de l'arrière du crâne pour les poser sur le dessus", explique Musa Balta, chirurgien esthétique à la clinique Klineva d’Istanbul. "Pour ça, il y a deux méthodes. La technique Saphir - nous procédons à de petites incisions - ou une technique, comme ici, où nous implantons avec un stylo spécial", ajoute-t-il. 

Je n¡¯ai aucune douleur

Nicolas

L'intervention se fait sous anesthésie, la plupart du temps locale. En l'occurrence, le haut de la tête de Nicolas a été insensibilisée. "Je suis un petit peu douillet, je dois vous l’admettre. Mais l’anesthésie, ça fait vraiment tout. Je n’ai aucune douleur. Il y a juste la sensation d’un casque, la tête est un petit peu lourde. On sait que ça travaille mais on ne sait pas ce qu’il se passe", se félicite le patient. Pendant toute l'opération, une interprète reste à ses côtés. Il s'agit de mettre à l'aise, rassurer, pour mieux séduire les étrangers.

Quelques heures avant son passage au bloc, cet employé de banque de 34 ans a expliqué être obsédé par sa calvitie. "C’est cette partie-là (le devant du crâne, ndlr) qui m’intéresse. Ça devient un complexe parce que ça devient de pire en pire. Sur les photos, on voit que ça s’accentue. J’ai 34 ans. Je n’ai pas envie d’avoir une calvitie à 40 ans et d’avoir une absence de cheveux totale."

Des prix d¨¦fiant toute concurrence

Il a repéré la clinique sur internet. Les réseaux sociaux sont maintenant envahis de publicité pour les implants... en français. Des avant/après toujours plus spectaculaires, des patients tout sourire... qui attirent de plus en plus. Mais le réel intérêt est surtout à chercher du côté du portefeuille. À Istanbul, les cliniques proposent presque toutes des formules tout compris. C'est ce qu'a choisi Nicolas. Transport, hôtel luxueux et opération lui coûtent au total 2900 €. "C’est sûr que 2900 euros c’est quand même plus accessible que de payer une somme en France de 8000 à 10.000 euros."

Les greffes sont donc deux à trois fois moins chères qu'en France. Mais comment expliquer de tels écarts ? Après s'être fait implanter de nouveaux cheveux, Jérémie Delattre ouvert sa propre clinique. Selon lui, deux choses permettent ces tarifs si bas. "On paye beaucoup moins chers les loyers. Et on paye en Livres turques, donc la différence entre Euro et Livre turque se fait ressentir", indique-t-il. Cela s'explique aussi au niveau du personnel. "On peut avoir une équipe très qualifiée à un coût beaucoup plus avantageux, étant donné que la main d’œuvre est beaucoup moins chère ici, en Turquie", relève le directeur de la clinique Klineva d’Istanbul. 

La vigilance reste de mise

Les professionnels français, eux, voient cette concurrence d'un mauvais œil. TF1 a rencontré une chirurgienne esthétique. Si elle ne conteste pas la qualité des implants turcs, elle rappelle que les conditions pour exercer sont très différentes entre les deux pays. "En France, on a une déontologie : une obligation de structures, de diplômes, de garanties, d’assurances, on a l’interdiction de faire de la publicité et c’est soumis à la TVA. Dans ces pays, non", souligne Ghislaine Beilin, médecin esthétique et vice-présidente du Syndicat national de médecine esthétique. "On peut effectivement dire qu’il y a une concurrence déloyale", insiste-t-elle. 

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Au-delà de cette "guéguerre", la docteure recommande de se montrer très vigilant sur le choix de sa clinique. En cas de complications, elles sont rares, certains spécialistes garantissent au client de le faire revenir à Istanbul gratuitement mais ce n'est pas toujours le cas. D'autant que si l'opération est pratiquée trop tôt, l'alopécie (la perte de cheveux) risque de progresser encore plus rapidement. Dans ce cas-là, le jeune homme peut se retrouver avec une zone dégarnie entre les cheveux greffés à l'avant et l'arrière du crâne. 


M.G | Reportage TF1 Quentin Fichet, Jean-Philippe H¨¦quette et Christophe Aragona

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