Nucl¨¦aire : le gouvernement veut lancer la construction de nouveaux r¨¦acteurs en 2027

Justine Faure
Publi¨¦ le 27 septembre 2022 ¨¤ 14h25
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le gouvernement a pr¨¦sent¨¦ mardi son projet de loi visant ¨¤ simplifier les proc¨¦dures pour acc¨¦l¨¦rer l'installation de nouveaux r¨¦acteurs nucl¨¦aires, dits EPR2.
Six nouveaux r¨¦acteurs sont pr¨¦vus, et la construction des premiers devrait intervenir avant la fin du quinquennat en 2027, pour une mise en service en 2035.

Le gouvernement souhaite accélérer la production d'énergie, toutes les énergies. Après avoir présenté la veille son projet de loi relatif à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, il a dévoilé mardi un texte visant à simplifier les procédures pour accélérer l'installation de nouveaux réacteurs nucléaires. L'objectif de l'exécutif est de "mettre le premier coup de pioche du premier EPR2 avant fin du quinquennat, soit avant mai 2027", a précisé ce mardi le ministère de la Transition énergétique, pour une mise en service commerciale des premiers réacteurs en 2035-2036. 

Emmanuel Macron avait annoncé en février dernier la construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération, dits EPR2. Ils seront construits par paires, les deux premiers à Penly (Seine-Maritime). Le ministère a indiqué que la deuxième paire pourrait voir le jour à Gravelines (Nord), "un grand site, sur lequel EDF a de la place". Enfin, le lieu de construction de la troisième paire "n'est pas encore tranché, mais la logique en terme d’équilibre du réseau serait qu’elle soit dans la vallée du Rhône, ou en tout cas pas au même endroit que les deux premières paires".

"? proximit¨¦ des sites nucl¨¦aires existants"

Comment le gouvernement souhaite-t-il s'y prendre pour accélérer la construction de ces réacteurs nucléaires ? Tout d'abord, il s'agit de faciliter les installations en prévoyant des implantations "à proximité de sites nucléaires existants". "Si on fait de nouveaux EPR, ils seront situés sur des sites qui ont déjà une centrale. Pour des raisons de commodités - le réseau est déjà là pour pouvoir brancher la centrale - et parce qu’EDF avait déjà prévu dans les années 70-80 des réserves foncières pour construire", a expliqué le ministère de la Transition énergétique à la presse.

Il s'agit également "d’une part de faire du décret d’autorisation de création d’installation une autorisation administrative unique qui englobe l’ensemble des décisions administratives", et de "commencer en parallèle de l’instruction (...) sur ce décret un certain nombre de chantiers et travaux annexes à l’installation (travaux de terrassement, préparation du terrain…)", a précisé l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher. Selon l'AFP qui a pu consulter le projet de loi, il dispenserait les projets d’autorisation d’urbanisme, car le contrôle de conformité sera assuré par les services de l’État lors du dépôt de la demande de création.

Des menaces sur la biodiversit¨¦ ?

Le texte autorise des réacteurs dans les zones relevant de la loi Littoral, avec certaines dérogations pour les projets situés en continuité de sites nucléaires existants, en bord de mer. Les projets répondront à "une raison impérative d’intérêt public majeur, leur permettant de bénéficier d’une des conditions d’octroi des dérogations relatives aux espèces protégées", stipule aussi le projet, suscitant la colère de certaines associations, dont la Ligue de protection des oiseaux. Pourtant, le ministère assure que son ambition est d'assurer la "protection de l’environnement et de la biodiversité, y compris au voisinage des sites électronucléaires"

Le ministère se défend également que la réduction des délais de construction soit fait au détriment de la sûreté. "Nous avons regardé ce que nous pouvions faire pour accélérer la construction de nouveaux réacteurs tant que nous ne touchions en rien à l’appréciation du cadre de sûreté en toute indépendance par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la base des meilleures pratiques internationales."

Lire aussi

Des vertus ¨¦cologiques et ¨¦conomiques

Pour le gouvernement, cette accélération "a deux vertus", économique et écologique. Il s'agit de "bénéficier de capacités parmi les moins carbonées qui existent pour la politique énergétique du pays, la lutte contre le réchauffement climatique et la transition énergétique". Les retombées ne seront que "positives", selon lui ", pour les consommateurs qui bénéficieront de la construction de ces réacteurs".

Le texte a été envoyé lundi soir pour consultation au Conseil national de la transition écologique (CNTE), qui réunit syndicats, patronat, ONG, collectivités. Il doit être présenté au milieu du mois d'octobre en Conseil des ministres, pour une adoption au deuxième trimestre 2023.


Justine Faure

Tout
TF1 Info