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Pas de majorit¨¦ absolue ¨¤ l'Assembl¨¦e nationale : la France, condamn¨¦e ¨¤ l'immobilisme ?

Benjamin DARD
Publi¨¦ le 21 juin 2022 ¨¤ 20h22, mis ¨¤ jour le 22 juin 2022 ¨¤ 16h14
JT Perso

Source : TF1 Info

Ensemble!, le camp du pr¨¦sident de la R¨¦publique, n¡¯a pas r¨¦ussi ¨¤ faire ¨¦lire suffisamment de d¨¦put¨¦s pour avoir la majorit¨¦ absolue ¨¤ l¡¯Assembl¨¦e nationale.
Faut-il redouter un pays ingouvernable, une Assembl¨¦e nationale condamn¨¦e ¨¤ l¡¯immobilisme ?
Nos voisins europ¨¦ens ont peut-¨ºtre la r¨¦ponse.

S’agit-il de miracle, de prouesse, ou de modèle ? De nombreux États européens ont réussi à dépasser leurs clivages politiques et apportent la preuve que la France n’est peut-être pas condamnée au blocage. Il suffit de franchir les Alpes pour trouver une première source d’inspiration.

La France pourrait effet reproduire le miracle italien. Depuis un an et demi, ce pays doté d’un système à la proportionnelle et abonné en général à l’instabilité politique a accouché d’un gouvernement d’union nationale ! Une coalition baroque qui va de la gauche radicale à l’extrême droite.

Certes, ce mariage de la carpe et du lapin tient beaucoup à la personnalité du chef du gouvernement, Mario Draghi. L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), est tout sauf un homme de parti : il lui aura fallu trois semaines en février 2021 pour réussir le pari inimaginable de réunir sous une même bannière des partis aussi antagonistes afin de réformer le pays.

Miracle en Italie, prouesse en Espagne !

Ce pays comme la France a été habitué depuis presque quarante ans au bipartisme. Pourtant, depuis les dernières élections de 2019, le pays est dirigé par une coalition à géométrie variable rassemblant cahin-caha des socialistes plutôt adeptes de l’économie de marché, des radicaux de Podemos, plutôt familiers des ZAD, des régionalistes basques et les indépendantistes catalans.

Cette "majorité" est certes fragile et pas forcément capable de grandes réformes, mais assure pour l'instant une relative stabilité politique. Un tour de l’Europe passe forcément par une référence au modèle allemand. Aux dernières élections législatives de septembre 2021, aucun parti n’a emporté la majorité, mais le patron des sociaux-démocrates Olaf Scholz arrivé en tête de la course, a proposé aux Verts et aux Libéraux une alliance inédite. Le patron du SPD aura quand même bataillé durant deux mois lors d’interminables négociations pour sceller ce mariage des contraires.

Illustration du légendaire consensus à l’allemande ? Sens du compromis plutôt que goût de la confrontation ? Rien non plus de très surprenant dans un pays fédéral où les parlements régionaux sont déjà coutumiers de ces alliances hétéroclites. Dans de nombreux landers comme la Saxe ou le Schleswing Holstein, écologistes et conservateurs parviennent à s’entendre comme si Christian Jacob siégeait dans le même exécutif que Julen Bayou.  Seul bémol selon les observateurs, cela consiste à s’entendre sur le "minimum minimorum", le plus petit dénominateur commun et donc entreprendre des réformes mineures. Une stabilité certes, mais synonyme de petits pas.

Enfin, la Belgique aussi est familière de ces coalitions hétéroclites qui pour un Français semblent baroques. C’est même une tradition chez nos voisins. "Violette", "arc-en-ciel", "coquelicot"… Chacune porte même un surnom en fonction des couleurs des partis politiques qui la composent. La dernière en date : la coalition Vivaldi rassemble les socialistes, des libéraux, des écologistes et des chrétiens démocrates.  Le nom "Vivaldi" fait référence à l’œuvre de Vivaldi Les Quatre Saisons, reprenant les quatre couleurs des formations politiques. Il fallait bien cette partition mythique pour sortir le pays de l’impasse : durant 16 mois, le pays n’avait plus de gouvernement !


Benjamin DARD

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