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Apr¨¨s les annonces de Poutine, des Russes cherchent-ils sur Internet des moyens de se casser un bras ou de quitter le pays ?

Caroline Quevrain
Publi¨¦ le 21 septembre 2022 ¨¤ 15h03, mis ¨¤ jour le 22 septembre 2022 ¨¤ 18h29
JT Perso

Source : TF1 Info

Selon plusieurs observateurs, les requ¨ºtes pour ¨¦chapper ¨¤ la mobilisation, voire quitter le pays, ont bondi sur le Google russe.
Le nombre de billets d¡¯avions en partance de Russie peut aussi donner une id¨¦e du sentiment de la population g¨¦n¨¦rale, apr¨¨s l¡¯annonce de la mobilisation par Vladimir Poutine.

La mobilisation partielle des réservistes russes, décrétée par Vladimir Poutine, va-t-il avoir l’effet inverse ? En tout cas, au lendemain de l’annonce du Kremlin, ce mercredi 21 septembre, le sujet était le plus consulté sur le Google russe, d’après l’outil d’analyse Google Trends mis à disposition par le moteur de recherche. Et l’appel à la contribution de 300.000 réservistes par le président russe pourrait créer le désarroi chez la population. 

Le sujet de la mobilisation annonc¨¦e par Vladimir Poutine est actuellement le plus recherch¨¦ sur le Google russe - Google Trends

D’après ce même outil, les moyens d’échapper à cette mobilisation partielle sont actuellement consultés. Toujours sur le moteur de recherche en Russie, la question "Comment quitter la Russie", ou simplement "Quitter la Russie", connait des pics de requête pas observés ces derniers temps. 

Une recherche qui a été au plus haut quelques heures après l’adresse à la nation de Vladimir Poutine, entre minuit et 4h du matin. La requête "Comment se casser un bras" connait aussi un pic auprès des internautes se trouvant en Russie, d’après ce compte Twitter, les internautes y voyant une méthode pour être déclaré inapte.  

Le pic de la requ¨ºte "Comment se casser le bras" sur Google entre le 20 et le 21 septembre

Mais cela n’induit pas que de nombreux Russes cherchent à fuir le pays à tout prix. En effet, ces recherches sont à relativiser, puisqu’elles ne sont pas au niveau de mars dernier, quelques jours après l’annonce de l’invasion de l’Ukraine. Entre le 27 février et le 5 mars, la requête "Quitter la Russie" avait alors connu un pic record sur le Google russe. Sur Yandex, moteur de recherche dans le pays, la même requête connait une activité stable depuis mardi 20 septembre au soir, avec un pic de popularité atteint à la fin mars, début avril. 

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Le nombre de billets d’avions en partance de Russie peut aussi donner une idée du sentiment de la population générale, après l’annonce faite par Vladimir Poutine. Et ici, la panique peut se lire dans les réservations de vols en partance de Moscou. "Quelques minutes après le discours de Poutine, il n’y a plus de places pour des vols directs de Moscou vers Istanbul, Tbilisi ou Erevan ce 21 septembre", note ainsi Andrei Vaitovich, journaliste franco-biélorusse, sur Twitter. Sur un site russe de voyages, un vol Moscou-Istanbul était toujours disponible pour ce mercredi 21 septembre. Son prix, en revanche, a explosé. Il fallait compter 328.000 roubles, soit plus de 5400 euros, pour un billet, contre 20.000 roubles habituellement (330 euros).

Des centaines de d¨¦parts par les airs ou les routes

Un peu plus tard dans la matinée, ce sont les vols ralliant Moscou à Minsk qui ont affiché complet. Il est possible que d’autres destinations de la région se retrouvent très prisées, bien que tous les Russes ne puissent s’offrir, de manière improvisée, un aller simple pour l’étranger. "Depuis que les frontières sont encore officiellement ouvertes, nous avons déjà vu des centaines de personnes, principalement des hommes qui risquent d'être enrôlés, essayer de partir, abonde Jeanne Batalova, analyste à l’institut de politique des migrations. En fonction du lieu et des ressources financières, certains essaient de prendre l'avion pour des pays sans visa comme la Turquie, la Serbie et les Émirats arabes unis, tandis que d'autres se dirigent en voiture vers la Géorgie, l'Arménie et la Mongolie, qui sont accessibles en voiture et en train et ne nécessitent pas pour l'instant de visa d'entrée."

Mais certains pays frontaliers, qui ont déjà souffert de l’emprise russe dans la région, ont déjà exprimé leur méfiance à l’idée d’accueillir de nombreux Russes sur leur territoire. C’est le cas de la Lettonie, qui a affiché son refus en invoquant des problèmes de sécurité. Dans ce contexte, les options sont minces, comme le souligne Jeanne Balatova. "A moins que les Russes ne disposent d'un permis de séjour (ou ne puissent invoquer le regroupement familial ou des raisons humanitaires) dans les pays voisins de l'UE comme les États baltes ou la Finlande, les voies de sortie par le nord ou l'ouest seront extrêmement limitées, surtout à la lumière de la récente décision de neuf pays de l'UE de ne plus accepter de touristes russes." Après sept mois de guerre, il n’existe pas de données officielles sur l’exode russe. Cependant, le FSB, le Service fédéral de sécurité, estime que 3,8 millions de Russes ont quitté leur pays au cours des trois premiers mois de l'année 2022.

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