En difficult¨¦ en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Zelensky "ne croit pas" aux menaces nucl¨¦aires de Poutine, Washington les "prend au s¨¦rieux"

Ma?lane Loa?c (avec AFP)
Publi¨¦ le 21 septembre 2022 ¨¤ 16h32
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le dirigeant russe a annonc¨¦ ce mercredi renforcer son effort de guerre en Ukraine, mena?ant l'Occident d'employer l'arme nucl¨¦aire.
"Je ne crois pas que ces armes seront utilis¨¦es", a r¨¦agi le pr¨¦sident ukrainien.
De son c?t¨¦, la Maison Blanche a d¨¦plor¨¦ "une rh¨¦torique irresponsable" mais "pas incoh¨¦rente" avec les pr¨¦c¨¦dentes menaces du Kremlin.

"Ce n'est pas du bluff" : le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi une "mobilisation partielle" pour donner un nouvel élan à son offensive en Ukraine, se disant prêt à utiliser "tous les moyens" de son vaste arsenal contre l'Occident, y compris nucléaires. "Si les intérêts de la Russie sont menacées, nous utiliserons toutes les armes à notre disposition", a-t-il déclaré au cours d'une allocution de quatorze minutes diffusée à la télévision russe, prononcées au lendemain de l'annonce de référendums d'autodétermination que vont lancer les autorités séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine. 

Des menaces accueillies de façon contrastée par les adversaires du Kremlin : le président ukrainien Volodymyr Zelensky dit ne "ne pas croire" à l'utilisation d'armes nucléaires par Moscou, tandis que les États-Unis affirment "prendre au sérieux" ces déclarations. Tous se rejoignent toutefois sur la grande fermeté affichée face à Vladimir Poutine, le mettant en garde contre tout passage à l'acte. 

"Je ne crois pas que le monde laissera faire"

"Je ne crois pas que ces armes seront utilisées. Je ne crois pas que le monde laissera faire", a déclaré le président ukrainien dans une interview à la chaîne allemande Bild TV. "Demain, Poutine pourra dire : 'nous voulons une partie de la Pologne en plus de l'Ukraine, sinon nous utiliserons des armes nucléaires'", a poursuivi Volodymyr Zelensky. "Nous ne pouvons pas accepter ce genre de compromissions." Et d'assurer que son pays "poursuivra l'offensive", se disant certains de "libérer (nos) territoires", ce que Kiev a commencé à faire ces derniers jours par une riposte dans l'Est du pays.

Quant à la "mobilisation partielle" lancée par le Kremlin, qui s'appuiera sur 300.000 réservistes, Vladimir Poutine "veut noyer l'Ukraine dans le sang, y compris celui de ses propres soldats", a ajouté le chef d'État. Fragilisée par des défections, l'armée russe comprend "des cadets, des garçons qui ne pouvaient pas se battre", a assuré le dirigeant ukrainien.

La Maison Blanche surveille la situation

De leur côté, les États-Unis "prennent au sérieux" la menace de Vladimir Poutine de recourir à l'arme nucléaire dans la guerre en Ukraine, a dit mercredi un porte-parole de la Maison Blanche, annonçant de "sévères conséquences" si le président russe passait à l'acte. "C'est une rhétorique irresponsable de la part d'une puissance nucléaire, mais ce n'est pas incohérent avec la manière dont il s'exprime depuis sept mois et nous prenons cela au sérieux", a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, dans une interview avec la chaîne ABC.

"Nous surveillons du mieux que nous le pouvons leur posture stratégique de manière à pouvoir changer la nôtre si besoin. Rien ne dit actuellement que ce soit nécessaire", a-t-il toutefois ajouté. Quant à la mobilisation des réservistes russes, "nous nous y attendions", a assuré John Kirby. "Cela montre incontestablement qu'il est à la peine" sur le plan militaire, a affirmé cet ancien amiral.

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Rejoignant le constat du dirigeant ukrainien, le porte-parole a estimé que Vladimir Poutine "a des problèmes de désertion, il force les blessés à retourner au combat, donc clairement, il a un problème de recrutement".

Pour sa part, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a dénoncé mercredi la "rhétorique nucléaire dangereuse" du président russe, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York. "Ce n'est pas nouveau, il l'a déjà fait à de nombreuses reprises", a-t-il ajouté. "Nous resterons calmes et continuerons à soutenir l'Ukraine."


Ma?lane Loa?c (avec AFP)

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