En difficult¨¦ en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Russie : le fils de Peskov, porte-parole du Kremlin, a-t-il refus¨¦ la "mobilisation partielle" ?

Ma?lane Loa?c
Publi¨¦ le 22 septembre 2022 ¨¤ 1h02, mis ¨¤ jour le 22 septembre 2022 ¨¤ 11h16
JT Perso

Source : TF1 Info

Des proches de l'opposant russe Alexei Navalny affirment avoir pi¨¦g¨¦ le fils du porte-parole du Kremlin, se faisant passer pour un commissaire de l'arm¨¦e.
Appel¨¦ ¨¤ se rendre ¨¤ un bureau militaire, Nikolai Peskov aurait refus¨¦ de s'y plier, assurant qu'il allait "r¨¦gler ?a ¨¤ un autre niveau".
"Je n'ai aucun probl¨¨me ¨¤ d¨¦fendre ma patrie" mais "je ne suis pas un simple soldat", aurait-il lanc¨¦.

Alors que de nombreux Russes se précipitent sur les billets d'avion pour tenter de fuir la "mobilisation partielle" décrétée ce mercredi 21 septembre par Vladimir Poutine, certains semblent espérer échapper à l'appel au front grâce à leurs relations. Le pouvoir russe a annoncé ce matin qu'il allait s'appuyer sur 300.000 réservistes pour renforcer son effort de guerre en Ukraine. Mais Nikolai Peskov, le fils du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui aurait été trompé par un canular téléphonique, aurait laissé entendre qu'il ne se laisserait pas enrôler dans l'armée de sitôt. 

"Ce n'est pas exactement le bon endroit pour moi"

L'homme de 32 ans aurait été contacté Dmitry Nizovtsev, l'animateur de Popular Politics, une chaîne YouTube créée par des soutiens d'Alexei Navalny, rapporte le média russe indépendant The Insider. La séquence a été enregistrée en direct. Se faisant passer pour un commissaire militaire, il aurait affirmé au fils du proche de Vladimir Poutine qu'une convocation lui avait été envoyée et lui ordonnait de se présenter à un bureau militaire pour un examen médical le lendemain matin à 10 heures.

"Évidemment que je ne viendrai pas demain à 10 heures ! Vous devriez comprendre, si vous savez que je suis Monsieur Peskov, que ce n'est pas exactement le bon endroit pour moi", lui aurait alors répondu Nikolai Peskov. Avant de poursuivre : "Mais je vais régler ça à un autre niveau."

Alors que le faux officier lui demande ce qu'il entend par cette "menace", son interlocuteur aurait assuré que ses propos n'en étaient pas une, mais qu'il avait seulement se renseigner pour savoir s'il devait être appelé ou non. "Je dois comprendre ce que je dois faire et comment je dois le faire", aurait-il déclaré, indiquant qu'il n'avait pas donné son accord pour s'engager comme volontaire, poursuit le média russe.

"J'ai besoin de comprendre en général ce qui se passe et quels sont mes droits. Qu'ils m'enlèvent demain - croyez-moi, ni vous ni moi n'avons besoin de cela. Je n'ai aucun problème à défendre ma patrie, mais j'ai besoin de comprendre la faisabilité de ma présence là-bas. Je parle de certaines nuances politiques", aurait ajouté Nikolai Peskov. "Je ferai ce qu'on me dit. Si Vladimir Vladimirovitch (Poutine, NDLR) dit que je dois y aller, j'irai", aurait-il finalement assuré, tout en affirmant ne pas être "un simple soldat".

Un ancien appel¨¦ des forces russes

Le fils du porte-parole du gouvernement russe avait auparavant travaillé comme correspondant au service Sports du média d'État russe RT, mais était aussi un ancien appelé des forces nucléaires russes, et devrait donc en théorie figurer en tête sur les listes des candidats à la mobilisation, relève The Daily Mail. "J'espère que le fils de Peskov, qui a servi dans l'armée russe (après avoir purgé une peine dans une prison anglaise), sera emmené combattre dans le Donbass aujourd'hui. Il est à la fois réserviste et ancien condamné. Le candidat idéal", a appuyé avec ironie sur Twitter Maria Pevchikh, chef du département d'enquête au sein de la Fondation anti‑corruption, une ONG créée par Alexei Navalny. 

Ce n'est pas la première fois que l'opposant russe, actuellement emprisonné, et ses soutiens ciblent Nikolai Peskov, symbole d'une élite russe proche du Kremlin qui bénéficie de nombreux avantages selon eux, y compris financiers également. "Il ne travaille nulle part mais achète des appartements, des Range Rovers, des Ferrari, une voiture Tesla, voyage et passe des journées entières à monter à cheval. Nous savons comment s'appelle sa profession : le fils d'un père corrompu", avait déjà écrit en 2017 Alexei Navalny à propos du fils Peskov dans un billet de blog, comme le rapporte The Guardian.

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Ce canular a été repris sur les réseaux sociaux, tandis que de nombreux jeunes Russes craignent de devoir partir au front. Dans ses déclarations, Vladimir Poutine a indiqué seront concernés par cette "mobilisation partielle" seulement pour le moment les "citoyens en réserve, ceux qui ont déjà servi (...) et qui ont une expérience pertinente". Ce sont pour la plupart des jeunes hommes qui ont signé un contrat pour rester dans cette réserve, mais le document lui-même ne contient pas cette clause, selon The Insider. Le Kremlin a assuré que les étudiants ne seront pas appelés, mais le 19 septembre, le parti pro-Poutine Russie Unie a proposé d'accorder à ces derniers des congés académiques le temps d'être déployés en Ukraine, ajoute le site.


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